PER pour les mineurs : pourquoi vos versements sont devenus inutiles (et ce que vous devez faire maintenant)
Vous versez encore de l’argent sur le Plan d’Épargne Retraite (PER) de votre enfant ? Arrêtez tout. Vous pourriez être en train de commettre une erreur qui va vous coûter cher, très cher.
Depuis des mois, vous pensiez avoir trouvé la martingale : préparer l’avenir de votre enfant tout en réduisant vos propres impôts. Une stratégie gagnant-gagnant, encouragée par votre banquier.
Le problème ? Le piège s’est refermé. Discrètement, sans communication tapageuse, une loi a tout changé. Et ce que personne ne vous dit, c’est que continuer vos versements comme si de rien n’était pourrait non seulement être inefficace, mais aussi vous priver des nouvelles opportunités bien plus intéressantes.
Pire : pendant que vous vous accrochez à un outil devenu obsolète, d’autres parents ont déjà basculé sur les nouvelles armes légales pour construire le patrimoine de leurs enfants. Cet article va vous révéler ce que votre conseiller a peut-être « oublié » de vous dire. Une fois que vous aurez compris, vous ne verrez plus l’épargne de votre enfant de la même manière.
La Règle a Changé : Pourquoi le PER pour Mineur est Devenu une Coquille Vide
Vous n’allez pas le croire, mais le couperet est tombé il y a des mois. Depuis le 1er janvier 2024, la fête est finie.
La Loi de finances pour 2024, dans son article 3, a posé une bombe à retardement dans le monde de l’épargne familiale. L’objectif du gouvernement était clair : mettre fin à ce qu’il considérait comme une « niche d’optimisation fiscale ». Le résultat est brutal et sans appel.
Première vérité : il est désormais strictement interdit d’ouvrir un nouveau Plan d’Épargne Retraite individuel pour une personne de moins de 18 ans. La porte est fermée à double tour. Si un conseiller vous propose aujourd’hui d’en ouvrir un, fuyez.
Mais le pire est à venir. C’est la deuxième vérité, celle qui concerne les parents qui avaient déjà anticipé et ouvert un PER pour leur enfant avant 2024.
La loi est formelle : il est également interdit d’effectuer de nouveaux versements sur ces contrats tant que le titulaire est mineur. Votre contrat n’est pas fermé, mais il est « gelé ». L’argent est là, il continue de travailler (plus ou moins bien), mais vous ne pouvez plus l’alimenter.
Et là, le détail qui tue : qui dit « plus de versements possibles », dit « plus de déduction fiscale ». L’avantage principal, celui qui vous faisait économiser des milliers d’euros d’impôts chaque année, vient de s’évaporer. Le moteur de la machine est coupé.
Ce levier fiscal, qui reste un formidable outil pour les adultes, est donc maintenant inaccessible pour l’épargne de vos enfants.
Votre PER Existant : Fausse Bonne Nouvelle et Vraies Actions à Mener
Alors, que faire de ce contrat qui dort ? La première réaction est de se dire : « Au moins, l’argent est en sécurité ». C’est une fausse bonne nouvelle.
Oui, le capital est là. Mais un contrat d’épargne « gelé » est un contrat qui se fait lentement grignoter par les frais de gestion. Chaque année, votre assureur prélève un pourcentage, même si vous ne versez plus rien. Sur 10 ou 15 ans, cela peut représenter une somme considérable.
C’est ici qu’intervient l’astuce que vous devez connaître. La loi qui a tout bloqué n’a pas touché à une règle d’or : le transfert de votre PER est gratuit après 5 ans de détention.
Avant, cette règle servait à changer d’assureur pour un meilleur rendement. Aujourd’hui, son utilité est différente mais tout aussi cruciale : elle vous permet de transférer le PER gelé de votre enfant vers un contrat avec des frais de gestion ultra-faibles.
Votre action immédiate : ressortez votre contrat de PER. Regardez la ligne « frais de gestion sur unités de compte ». Si c’est supérieur à 0.6%, vous payez trop cher pour un compte inactif. Comparez les offres des courtiers en ligne, qui proposent souvent des contrats à frais réduits. Vous ne pouvez plus ajouter d’argent, mais vous pouvez au moins limiter l’hémorragie des frais.
L’Après-PER : Le PEAC et l’Assurance-Vie, les Nouvelles Armes des Parents Malins
Puisque le PER pour mineur est hors-jeu, sur quoi les parents avisés se reportent-ils ? Le gouvernement a lui-même désigné un successeur : le Plan Épargne Avenir Climat (PEAC).
Le PEAC, c’est le nouveau chouchou de l’épargne jeune, disponible depuis juillet 2024. Vous pouvez l’ouvrir dès la naissance. Son fonctionnement est simple : l’argent est bloqué jusqu’à la majorité de l’enfant (avec des cas de déblocage) et les gains sont totalement exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux. C’est une bombe fiscale à la sortie.
Le piège ? Contrairement au PER, les versements que vous faites dessus ne sont pas déductibles de vos impôts. C’est un produit pour l’avenir de votre enfant, pas pour votre déclaration de revenus.
Alors, quelle est l’autre solution ? L’indémodable, l’ultra-flexible assurance-vie. Elle reste le couteau suisse de l’épargne : vous pouvez y verser autant que vous voulez, l’argent reste disponible, et la fiscalité sur les retraits après 8 ans est très douce. Surtout, elle est imbattable pour préparer une transmission.
D’autant que dans le contexte actuel, certains experts estiment même que c’est « la meilleure opportunité sur l’assurance-vie depuis 10 ans », notamment pour sa flexibilité et son potentiel de rendement.
Le monde de l’épargne a changé. Le PER pour mineur, cette astuce fiscale géniale, appartient désormais au passé. Mais les opportunités n’ont pas disparu, elles ont simplement changé de nom.
Il est temps d’auditer vos contrats, de comparer les alternatives et de reprendre une longueur d’avance. La pire erreur serait de ne rien faire, en pensant que les anciennes règles s’appliquent toujours.